20juin 2007
Traduction
11:01 - Par Frédéric Meurin - Papier - crayon - 3 commentaires
Comme on me l'a demandé, je traduis ici - vite fait - le texte de Martin Winckler dont je parlais dans cette colonne.
Petit rappel, ce texte s'appelle "Auto-portrait", et fonctionne en tant qu'illustration d'une photo que je reproduis ici, également.
L'auteur original me pardonnera...

J'attends.
Elle respire encore.
Elle ne bouge pas beaucoup, mais j'entends encore son coeur battre.
Elle ne gémit plus.
Elle est au-delà.
Il fait chaud. C'est bon.
Elle ne peut pas lutter contre la chaleur.
Et sa mère ne peut plus lui donner le sein.
J'attends.
J'ai tout le temps qu'il faut. Elle non.
Elle ne sait pas qu'elle meurt.
Elle ne saura pas qu'elle est morte.
J'attends.
C'est mon boulot.
C'est ma nature.
Je suis photographe.




3 commentaires
C'est assez terrible, effectivement...
Intéressants partis pris de traduction. J'eus tracé au plus littéral, pour accentuer le côté inhumain.
Nouvelle version de cette traduction, en suivant l'idée de Iyhel (traduction plus littérale pour accentuer le côté inhumain). Je pensais proposer à Martin Winckler de co-participer, mais le texte fait près de 500 caractères...
J'attends.
Elle respire encore.
Elle ne bouge pas beaucoup, mais j'entends encore son pouls.
Elle ne gémit plus.
Elle est au-delà.
Il fait chaud. Tant mieux.
Elle ne peut pas lutter contre la chaleur.
Et sa mère ne peut plus lui donner de lait.
J'attends.
J'ai tout mon temps. Elle non.
Elle ne se sait pas mourir.
Elle ne se saura pas morte.
J'attends.
C'est mon boulot.
C'est ma nature.
Je suis photographe.