L'amendement Marini, qui prévoyait la déduction fiscale de certaines pertes boursières et qui a été retiré en toute hâte, lundi 8 décembre, en cachait un autre. Le sénateur UMP Philippe Marini a été cloué au pilori par l'opposition et une partie de la majorité pour sa proposition controversée, mais au passage un autre amendement qu'il défendait, prévoyant de supprimer la demi-part des parents isolés qui n'ont plus d'enfants à charge, a été adopté au Sénat dans la nuit de lundi à mardi.
La demi-part supplémentaire est un avantage fiscal dont bénéficient les personnes qui élèvent seules un ou plusieurs enfants, qui fait qu'un enfant majeur, même s'il ne vit plus sous le même toit, peut être considéré comme mineur pour le calcul de leur quotient familial, et ce indéfiniment, contrairement aux couples mariés ou pacsés. L'amendement défendu par Philippe Marini prévoit la disparition progressive de cette "niche fiscale" bénéficiant, en très grande majorité, à des mères célibataires.
UNE "PROPOSITION UN PEU SURPRENANTE"
Selon l'amendement voté par le Sénat, cet avantage fiscal, "qui constitue un avantage non négligeable", selon M. Marini, sera réduit de 10 % par an dès la déclaration de revenu 2010 (portant sur les revenus 2009, et où il représentera au maximum 855 euros), jusqu'à sa disparition totale en 2018. Actuellement, près de 4,3 millions de ménages sont concernés par cette mesure, qui coûtera à l'Etat 1,7 milliard d'euro en 2009, selon Le Parisien. L'opposition, qui a voté contre, a dénoncé l'inutilité de cet amendement. "Cela ne représente que 400 euros par an et par contribuable", a signalé l'élu communiste Thierry Foucaud, tandis que la socialiste Nicole Bricq a vivement dénoncé la suppression de cette demi-part alors "que vous pérennisez des avantages fiscaux bien supérieurs".
Pour le ministre du budget, Eric Woerth, il s'agit en revanche d'une "mesure de justice" car "des contribuables continuent de bénéficier de cette demi-part alors que leur enfant déclare ses revenus séparément". Un avis pas forcément partagé par le chef des parlementaires UMP. Au micro de France 2, Jean-François Copé a de nouveau pris ses distances avec le sénateur et cette "proposition un peu surprenante". "Je ne suis pas certain que dans le contexte de crise, avec les problèmes de pouvoir d'achat que l'on connaît, ce soit une mesure qui soit d'actualité", a-t-il estimé.
Source : Lemonde.fr
Il est fort, ce mec. Concrètement, il propose un truc énormissime en forme de cadeau fiscal aberrant, histoire de faire passer ni vu ni connu la suppression d'une économie d'impôts pour des gens qui majoritairement ont peu de ressources. Formidable. Au sens premier du terme.



Commentaires
Bah... quelque part, dans l'absolu, oui, c'est un avantage fiscal indû. Le premier hic, c'est effectivement de s'attaquer à un truc assez négligeable et de faire cadeau de 15 milliards par an aux hauts revenus. Le Monde pourrait le rappeler au lieu de signaler que foutraille il en coûte 1,7 milliard...
Et puis dans le relatif qui est la réalité sociale, si cet avantage existe, c'est qu'elles ne l'ont pas volé, ces mères célibataires, vu que dans notre merveilleuse société conjuguer éducation des enfants et travail à temps plein avec salaires et conditions décents n'est pas exactement facile.
Tout ça pour dire que, ben, oui, ce type est un connard. A croire que c'est juste Mariani qui a changé de nom !
IyhelC'est une technique bien rodée par notre cher Président. Et ce qui est fabuleux c'est qu'elle marche encore ...
lili