Vous avez donc pris la résolution de ne pas acheter de biens culturels auprès des grandes compagnies de l'industrie culturelle.
Je vous sens tournant comme un lion en cage ou un gamin un mercredi pluvieux : "qu'est-ce que je peux faire, j'sais pas quoi faire ?"
Bandes de petits sacripans ? Regardez donc un peu autour de vous. Non pas si loin, là, sur votre bureau. Au dessus. Vos étagères. Vos placards. Ne faites pas croire que tout cela ne déborde pas d'un fratras sans nom !
Allez, première mesure : #OccupyMesEtageres ! Voici un plan d'action simple et efficace dont l'ampleur va peut-être vous surprendre.
Commencez par vous équiper de quelques outils simples : chiffon, spray pour les meubles. Videz vos étagères de tous leurs livres, CDs, DVDs, blu-Ray, jeux vidéo (on résumera sous le terme d'ouvrage, pour la suite) et profitez-en pour faire les poussières. Maintenant que c'est propre, contemplez la pile au pied des étagères.
Séparez en deux parties : d'un côté, les ouvrages que vous avez déjà lu/vu/terminé, de l'autre côté, tout ce qui est en attente.
Bien. Occupons-nous du tas "en attente". Je vous parie que vous avez de quoi vous occuper tout un mois : gardez ça au chaud et à portée de main. Le programme de vos prochaines soirées est tout trouvé.
Et l'autre pile, alors ? Celle des ouvrages finis ? D'abord, demandez-vous si vous avez besoin ou envie de garder tout ça. Avez-vous encore un ordi ou une console capable de faire tourner ce jeu ? Avez-vous envie de revoir ce film ou de faire découvrir à quelqu'un ce bouquin ? Considérez bien le volume de la pile "en attente" en réfléchissant à ces questions. Votre temps n'est pas extensible. En avez-vous suffisamment pour en consacrer à cet ouvrage que vous avez déjà parcouru ? Ou au moins, avez-vous envie de prêter cet ouvrage pour qu'un de vos amis passe du bon temps et que vous en discutiez ensemble ? Si la réponse est "non" aux deux questions, soyez fort : commencez une troisième pile de choses "à vendre". Si au contraire vous avez envie de garder cet ouvrage, et bien, vous n'avez plus qu'à regarnir vos étagères.
Plusieurs méthodes s'offrent alors à vous : le classement alphabétique, bien ordonné, qui vous permettra de sortir LE disque en quelques secondes, l'alignement en fonction de la taille ou de la couleur si l'esthétique prime avant tout, ou au contraire, le rangement un peu foutraque, qui vous permettra de retrouver des surprises de temps à autres.
Voila de quoi vous occuper. Et si ça ne vous prend qu'une heure ou deux, et bien, chapeau, vous êtes bien meilleurs que moi !



Commentaires
Pour le tas de livres finis, je n'aurais pas eu l'idée les revendre, je ne dois pas vraiment vivre avec mon temps, je suppose. J'ai fait il y a quelque temps un (gros) carton de tous les livres que j'ai maintenant en format numérique et que je ne rouvrirai donc pas, mais la bibliothèque n'en a pas voulu. On va peut-être tenter la maison d'arrêt pas loin, mais j'aime aussi beaucoup l'idée de les "libérer", cf: http://www.bookcrossing.com. J'imagine que dans un coin touristique comme ici, ça doit pas trop mal fonctionner.
ThomasThomas. Tu es prié de ne pas dévoiler les prochains billets, à savoir : que faire de la pile "à vendre" ?
Rha, mais.
Frédéric MeurinOups, désolé.
Hé mais... y a mes Moorcocks sur ta pile à vendre, là au fond ! (non, je plaisante).
ThomasHorreur, des lives, ça ne se vend pas...
CéliaC'est pourtant en vendant des livres que nombre d'honorables commerçants gagnent leur vie. Je préfère qu'un livre qui ne m'a pas plu aille trouver un autre lecteur que d'encombrer mes étagères - qui ne sont hélas pas extensibles pour pouvoir accueillir les ouvrages que j'ai envie de découvrir. Et si le process peut me rapporter trois kopecks, ma foi, je ne dis pas non. J'y reviendrai.
Frédéric Meurinlivres*
Pour des livres n'ayant pas plus certes; pour le reste j'ai personnellement tendance à tout conserver par affection pour mes livres, que j'aie l'intention ou non de les faire découvrir à quelqu'un d'autre un jour, de les relire ou simplement de les conserver.
Chaque livre cependant, qu'il ait plu ou non, représente pour moi un moment dans une vie. "Tiens, quand je l'ai acheté je faisais ça" et ainsi de suite. Une bibliothèque est un moyen de retracer les moments forts d'une existence, ou le simple témoignage des choix engagés d'une époque.
Revendre des livres serait donc revendre une partie de sa vie. Je suis geek, "collectionneuse" et je l'assume. Livres, DVDs, jeux, correspondent tout trois à ces moments d'une vie qu'il m'est précieux de conserver.
CéliaJe comprends ce que tu veux dire même si je ne peux pas être d'accord avec la généralisation dans ton propos.
"revendre des bouquins serait revendre une partie de SA vie" : non, "revendre TES bouquins serait pour toi revendre une partie de TA vie". Même si je peux citer assez précisément les lieux "exotiques" où j'ai lu certains livres, c'est bien souvent plus parce que le lieu ou le moment l'étaient que grâce au bouquin.
Exemple : je me souviens d'un mauvais roman de la série noire qui a fini abandonné dans le train à la Défense. Impossible de me souvenir du titre, mais le geste m'a amusé. C'est d'ailleurs le seul bon souvenir que je garde de cet objet livre ou de son contenu.
Contre exemple : j'ai lu Anansi Boys de Neil Gaiman lors de mon voyage de noces. Je me souviens très bien de la plage où j'ai dévoré les pages de ce livre, et de son contenu. Rare conjonction de qualités du moment et de l'ouvrage.
Et puis il y a la foule des bouquins lus au fond du lit, sans grande passion ni grande claque... Ces lectures ne laissent aucun souvenir, la mémoire évacue. Quand les étagères débordent, autant en faire autant non ?
Frédéric Meurin